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Des parents déterminés d’enfants handicapés ont fondé le collectif Les Babis Souffrent pour dénoncer le manque de moyens alloués par l’Etat à la gestion de l’Institut d’Education Motrice (IEM) fréquenté par leurs enfants. Ils pointent du doigt un abandon et une mise en danger de leurs enfants. Une pétition a été lancée.

Sur la commune d’Onet le Château, près de Rodez, se trouve l’Institut d’Education Motrice Les Babissous. L’établissement accueille une soixantaine d’enfants handicapés. Tous les enfants souffrent de déficiences motrices et intellectuelles, se traduisant par une diminution très importante de leur autonomie. L’état de santé de ces enfants implique une prise en charge médicale et paramédicale pluridisciplinaire. C’est la Fondation Opteo qui administre l’établissement.

Pour rappel, les établissements accueillant des enfants handicapés sont financés par les Agences Régionales de Santé (ARS), qui agréent chaque établissement et en valident le financement sur la base de nombre d’enfants accueillis, du nombre de journées d’ouverture et d’un prix de journée.

Ensemble, le collectif de parent revendique :

« Nous, parents des enfants polyhandicapés de l’IEM Les Babissous, réclamons à l’Etat des moyens suffisants et adaptés, permettant aux personnels de l’établissement de travailler correctement, de d’apporter les meilleurs soins possibles à nos enfants, sans perte de chance. Depuis quelques années, et malgré les efforts de la directrice de l’IEM et du personnel, les familles ne peuvent que constater une dégradation quantitative et qualitative des conditions de prise en charge de chaque enfant : encadrement souvent insuffisant (plusieurs enfants à occuper, faire manger, amener aux toilettes ou changer, pour un adulte seul), réduction de la fréquence des séances de rééducation, départs et non remplacements de professionnels, impossibilité d’utiliser certains équipements par manque d’effectif, etc. » Aux parents qui entrevoient avec angoisse la dégradation de la santé de leur enfant, le système parle cyniquement de perte de chance !

Nous, parents des enfants polyhandicapés de l’IEM « les Babissous », ne pouvons plus nous contenter de mesurettes et de saupoudrages et espérer dans un avenir meilleur à moyen terme. Nous ne supportons plus que l’on cache la poussière sous le tapis. Nos enfants grandissent tandis que nous, parents, vieillissons. Mais nous resterons la voix de nos enfants jusqu’à notre dernier souffle ; notre détermination est totale. Faudra-t-il suivre l’exemple de nos aînés qui n’avaient pas hésité à s’enchaîner aux grilles de la préfecture à Rodez, et fait avancer la cause de leurs enfants ?

A ce jour, les professionnels qui interviennent dans ces établissements sont rémunérés sur la base de grilles salariales d’une convention collective datant de 1966, obsolète et peu attractive. De nombreux salariés préfèrent aller travailler dans les hôpitaux publics ou d’autres structures qui leur offrent de meilleures conditions financières. Cette situation scandaleuse et dramatique concerne la plupart des établissements accueillants des jeunes polyhandicapés en France, mais les médias n’en parlent pratiquement jamais.

Les personnes polyhandicapées ont besoin de continuité et de rigueur dans leurs soins et leurs différentes prises en charge. Les parents, les fratries même, dont le quotidien ressemble déjà à un parcours du combattant, sont directement impactés par cette désorganisation.

Certes, nos enfants ne seront jamais les premiers de cordée. Dans une gare, croisant ceux qui ont réussi, ils ne seront rien. Et ils coûtent sûrement un pognon de dingue. Mais notre société qui se prétend tolérante, progressiste, humaniste, inclusive, à l’écoute du monde, peut-elle continuer à ignorer les plus fragiles d’entre tous, et les considérer comme quantité négligeable ? La devise de liberté, égalité et fraternité s’applique-t-elle à l’ensemble des Français ou existe-t-il des sous-citoyens ? Dans cette France ultra-libérale où la recherche de la rentabilité a désormais force de loi, les personnes âgées, fragiles, handicapées, sont abandonnées. Leur dignité est bafouée. Les économies imposées à notre système de santé ne peuvent pas se traduire par un darwinisme social, où seuls les plus forts survivront. Nous ne l’acceptons pas. »

Pour aider et soutenir activement les parents du collectif Les Babis Souffrent, cela nécessite seulement quelques secondes de votre temps pour signer leur pétition :

Communiqué de presse Les Babis Souffrent

Contact : collectif.les.babis.souffrent@protonmail.com

Crédit photo : Centre Presse Aveyron.