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Avec le court-métrage Moi si j’étais une femme, la réalisatrice Aurélie Bock porte à la connaissance du public les sujets de l’accès à la contraception et du consentement des femmes déficientes mentales lors d’actes médicaux irréversibles. Le projet, dont le tournage est prévu à Grenoble pour ce mois d’août, a reçu le soutien du Centre National du Cinéma (CNC).

Synopsis. Juliette, jeune fille trisomique de 19 ans, vit son premier amour. Mais son idylle est rapidement entachée par la question de la contraception. Juliette subit la pression de sa mère et des médecins qui lui préconisent une opération de stérilisation à cause de son handicap. La jeune fille a très peu de temps pour prendre sa décision et faire entendre sa voix.

Le casting a notamment intégré la comédienne Anne Azoulay, plusieurs fois présélectionnée pour le César du meilleur espoir féminin pour ses interprétations. Elle va incarner le rôle de Sandrine, la mère de Juliette, personnage complexe, sensible, aimante et vibrante.

Anne Azoulay

Une réalisatrice impliquée dans le handicap.

Psychologue en activité auprès d’enfants et d’adolescents en situation de handicap, Aurélie Bock est passionnée depuis toujours par le cinéma. Elle travaille depuis fin 2019 sur le projet Moi si j’étais une femme avec la société de production Naika Films.

Elle explique : « L’idée de ce film est née de ma rencontre avec une jeune femme trisomique âgée de 19 ans. Sur les conseils insistants de ses parents, elle venait de subir une opération visant à la rendre stérile. Ce fut alors un choc pour moi de découvrir cette terrible réalité propre aux jeunes femmes trisomiques. En m’appuyant sur ses ressentis et son expérience, j’ai essayé d’imaginer par quelles étapes émotionnelles elle et ses parents étaient passés pour arriver à cette décision douloureuse et irrévocable. Ce film suit ainsi l’évolution du rapport entre une jeune femme trisomique et sa mère l’élevant seule, confrontées au choix de la stérilisation et à la question du désir de maternité de jeunes femmes en situation de handicap intellectuel. L’intrigue se déroule à travers le regard de Juliette, qui est un point de vue inédit, non consensuel et socialement dérangeant. C’est ainsi qu’à travers son point de vue se pose la question de la responsabilité individuelle de toutes les jeunes femmes trisomiques et en situation de handicap et de leur besoin de pouvoir faire leurs propres choix.»

Aurélie Bock

Une production Naika Films.

Fondée en 2016 par Emilie LAMOTTE et Angélique DANIEL, Naika Films développe des courts-métrages avec comme volonté première d’aider à l’émergence de jeunes cinéastes souhaitant partager leur regard sur le monde.

En 2017, la société de production a participé à la production de Ballet Jazz, le premier court-métrage du réalisateur québécois Maxime ROBIN, lauréat de la Bourse à la Création des Cinéastes de Québec au Festival de Cinéma de la Ville de Québec. Elle a également produit Ceux qui Restent, le premier court-métrage du documentariste Quentin LAZZAROTTO. En 2019, Naïka Films développe des projets de court-métrages et de documentaires, notamment Moi si j’étais une Femme d’Aurélie BOCK.

Sur ce dernier, la productrice Emilie Lamotte explique :

« Quand j’ai découvert le scénario d’Aurélie, j’ai immédiatement été happée par l’histoire de Juliette. Elle a touché en moi la fille, la mère, mais surtout la Femme. Je me suis dit qu’un récit aussi sensible et atypique ne pouvait venir que d’une histoire vraie. Cette histoire je pense qu’il faut absolument la raconter et la faire connaître car trop de décisions reposent encore aujourd’hui sur les idées reçues et des incohérences. Et à cause de certains tabous, les choses ne changent pas, des jeunes femmes en situation de handicap et notamment porteuses de trisomie 21 continuent de subir des opérations de stérilisation en guise de moyen de contraception. Sans avoir leur mot à dire. Sans avoir le contrôle sur leur vie et leur corps de femmes. »

Un projet soutenu par le Centre National du Cinéma.

Le projet a reçu l’Aide à la production du Centre National du Cinéma (CNC). Toutefois il n’a pas obtenu le financement de la région Auvergne-Rhône-Alpes et il manque une partie du budget pour pouvoir financer le tournage et la post-production du film.

Proarti, la plateforme solidaire des cinéastes.

L’équipe a donc lancé une campagne de financement sur Proarti. Le plus gros poste de dépenses est celui des salaires et charges sociales. La somme constituée par les dons servira directement à rémunérer l’équipe du film, voire à embaucher des assistants et figurants supplémentaires, éventuellement à rajouter un jour de tournage afin d’alléger les journées.

Le montant des dons est libre, et des contreparties sont proposées, comme par exemple l’affichage du nom du donateur au générique et des affiches dédicacées du film.

Attention, la date de fin de la campagne étant fixée au 22 juillet il ne reste que quelques jours pour y participer.