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Nathan, atteint de troubles autistiques, est en classe de 5ème et n’a pas eu d’AESH (Assistant d’Elève en Situation de Handicap) pendant trois semaines. Sandrine Guilbot, sa mère, alerte sur sa situation et plus globalement sur la question du handicap à l’école.

Depuis qu’il est en maternelle, Nathan est accompagné en d’un AES. Mais ces personnels se font souvent rares et les parents et les établissements doivent batailler pour en obtenir.

« Pendant trois semaines, Nathan n’a pas eu d’AESH, témoigne Sandrine. Dans ce collège, ces personnels étaient mutualisés, c’est-à-dire qu’ils s’occupaient de plusieurs enfants. Or, certains ont démissionné ou sont partis en arrêt maladie et n’ont pas été remplacés. Le collège s’est démené et est parvenu à en retrouver une en début de semaine, mais pendant ce temps, Nathan était perdu… »

Et ce n’est pas la première fois que Sandrine doit insister pour que son enfant soit accompagné. « En maternelle, à deux semaines de la rentrée, il n’avait pas d’AESH, se souvient-elle. Le directeur m’avait dit que, sans cette personne, mon fils serait refusé. Mais heureusement, une institutrice a décidé de nous aider, et il a pu commencer son année. »

Pour l’année scolaire écoulée, Nathan avait en théorie droit à 10 à 12 heures d’accompagnement par semaine. « Mais dans les faits, il y avait des matières où on estimait qu’il n’avait pas besoin d’aide, alors c’était moins que ça ». Pendant les trois semaines sans AESH, le collégien a accumulé les difficultés. « En langues, il n’y arrivait plus du toutEt il a besoin de quelqu’un pour l’aider dans son organisation. » Aussi, elle espère avoir des effectifs d’AESH stables à la rentrée de septembre, pour son fils mais aussi pour les autres élèves en situation de handicap.

Car la problématique n’est pas uniquement jocondienne. « Une amie, qui habite à Perpignan a un enfant en situation de handicap qui n’a plus d’AESH depuis décembre, soupire-t-elleSon fils n’est accueilli qu’une heure et demie par semaine. »

Sandrine espère du changement, notamment du côté du législateur. « On nous parle d’inclusion et d’égalité, mais le handicap est bien souvent oublié. Et les AESH ne sont pas payés des fortunes non plus, ce qui n’attire pas. C’est un problème d’envergure nationale parce qu’après, c’est aux parents de rattraper le retard pris par leurs enfants. »

Crédit photo & interview : La Nouvelle République.